Ehrenfried et le membre supérieur

Actes de la « Porte Ouverte » du 25 septembre 2010, organisée à l’Institut Hahnemann, à Neuilly sur Seine

Les tendinopathies du coude

Dans le cadre de notre porte ouverte ayant comme thème : « Ehrenfried et le Membre supérieur » je vais vous parler du coude.
Le membre supérieur sert à la préhension et à la nutrition. Le coude, lui, va permettre  à la main d’augmenter et diminuer sa distance par rapport au corps, il participe à tous les gestes de la vie quotidienne.
Le coude est une articulation intermédiaire du membre supérieur, il met en présence trois os, l’humérus, le radius et l’ulna (anciennement le cubitus). Il est composé de trois articulations, avec une seule capsule articulaire lui permettant de produire des mouvements de flexion, d’extension, (articulations huméro-cubitale et huméro-radiale), de prono – supination (articulation radio-cubitale).

Deux petites saillies osseuses, se présentent à la fois  à la face médiale (interne) et latérale (externe) de  l‘humérus, d’où partent des muscles fléchisseurs et extenseurs des doigts vers le poignet et la main. Ces saillies osseuses se nomment épicondyles latérales (anciennement épicondyle) et médiales (anciennement épitrochlée).
Ces deux petites saillies latérales de l’humérus, sont le siège des douleurs tendineuses qui peuvent survenir lors des activités appuyées intenses qui sollicitent spécifiquement le coude et qui vont donner des épicondylalgies externes (anciennement épicondylite) ou épicondylalgies internes (anciennement épitrochléite). Ces tendinites  peuvent  survenir dans la vie quotidienne, professionnelle ou sportive.
Pour comprendre ces tendinopathies, il faut évoquer l’organisation d’un muscle. Le muscle se compose d’un corps musculaire avec des fibres musculaires au milieu et aux deux extrémités il va s’insérer sur l’os par un tendon composé d’un tissu conjonctif dense peu vascularisé (ce qui explique le retard pour la cicatrisation) et des fibres de collagène. Ces fibres de collagène sont organisées  de manière parallèle à l’axe longitudinale d’insertion du tendon.

 

Les fonctions du tendon vont être à la fois stabiliser les articulations et être à la fois être le lien entre muscle et l’os, donc essentiel dans la transmission des forces musculaires aux pièces osseuses pour produire un mouvement articulaire.
Le tendon est donc dans la continuité avec les fibres musculaires et avec l’os où il se confond avec le périoste recouvrant l’os et le tout du tendon est recouvert par un fascia. Cette jonction entre le tendon et l’os s’appelle l’enthèse.
C’est dans cette jonction os-tendon que vont se produire des pathologies du coude.
Les tendinopathies, peuvent être de différents types :
-Tendinopathies mécaniques : Ce sont des  micro-déchirures intra-tendineuses par sur-utilisation en traction sur le tendon.
-Tendinopathies conflictuelles : Il n’y a pas de lésion sur le tendon même, mais il survient une inflammation de l’enveloppe du tendon.

Concernant les pathologies au niveau du coude nous distinguons :

  • Les tendinopathies ou épicondylalgies  localisées dans la partie interne et externe de cette articulation :

Dans l’épicondylalgie externe (anciennement appelée épicondylite) rencontré chez le joueur de tennis, ou tennis- elbow, les muscles épicondyliens se mettent en jeu. Ces muscles permettent surtout l’extension du poignet et des doigts, la supination (le mouvement de tourner la main vers l’extérieur) et plus accessoirement la préhension.
La douleur de l’épicondylite va s’exprimer dans la partie externe du coude, va irradier vers l’avant-bras et le poignet le long des  muscles épicondyliens. Elle est présente même si vous êtes   immobile.
La douleur s’accentue  lorsqu’on agrippe un objet et qu’on donne une poignée de main  et une sensibilité au toucher dans la zone externe du coude apparaît lors de la palpation.
Ces muscles épicondyliens (Long extenseur radial du carpe, Court extenseur  radial du carpe, Extenseurs des doigts et extenseur du petit doigt) sont donc fréquemment sollicités dans la vie quotidienne. Or la surface de l’épicondyle sur laquelle se fixe le tendon commun à tous ces muscles est relativement étroite par rapport aux contraintes qu’elle subit. C’est une traction répétée sur la même zone du tendon qui va le solliciter dans son insertion osseuse et créer l’inflammation.

L’épicondylite survient dans la vie quotidienne  après un effort intense répétitif inhabituel tel que tailler une haie toute une journée, monter un meuble en kit, manier  le rouleau à peinture trop longtemps.
Les métiers qui exposent à cette pathologie sont :
Les menuisiers, les maçons, les ouvriers de chaînes de montage, les personnes utilisant le clavier de l’ordinateur, les musiciens jouant un instrument à cordes.
Chez le tennisman c’est un entraînement plus intense,  mauvaise utilisation de la gestuel  qui  décompensent la situation.
Dans l’épicondylalgie interne (anciennement appelée épitrochléite) ou coude du joueur de golf ou golf-elbow  rencontré chez le joueur de golf il y a une trop grande sollicitation sur les muscles épitrochléens. (Chef huméral du muscle rond pronateur, le Long palmaire, le Fléchisseur radial du carpe, le Fléchisseur ulnaire du carpe, le Fléchisseur superficiel du carpe)
Cette forme de tendinite survient lorsque les tendons des muscles fléchisseurs attachés à l’épitrochlée sont surmenés. Ces muscles internes servent à plier les doigts, le poignet vers le bras, et à faire tourner l’avant-bras pour que la paume soit vers le bas (position de pronation). La douleur se situe dans partie intérieure du coude et irradie vers l’avant-bras et le poignet.
Cette affection concerne  les personnes qui pratiquent un sport de raquette de même que les lanceurs au baseball, les lanceurs de poids, les lanceurs de javelot, les joueurs de quilles. Dans la vie quotidienne cette affection concerne les travailleurs  qui soulèvent fréquemment des objets lourds (transport de valises, de caisses lourdes).
Dans la vie sportive cette affection touche les golfeurs, où ces muscles épitrochléens permettent de plier les doigts vers la paume et le poignet vers le bras, geste requis pour la pratique sportif lors de swing.
Lors du mouvement du  swing, pour frapper la balle de golfe,  le poignet effectue un mouvement complexe qui est  associe flexion – extension – inclinaisons radiale et cubitale – prono-supination dans cette articulation, alors que les coudes sont tendues.
Souvent, c’est  la fin du mouvement d’accélération (qui précède tout juste l’impact du bâton sur la balle de golf) ou le stress sur le coude est puissant à ce moment-là.

Les tendinites du coude vont survenir lorsqu’on reproduit souvent les mêmes gestes ou que l’on force de manière inadéquate. Ceci crée des petites blessures dans les tendons. Ces microtraumatismes entraînent une diminution de l’élasticité des tendons, parce que les fibres de collagène réparatrices ne sont pas d’aussi bonne qualité que le tendon original.

  • L’usure du coude ou l’irritation des nerfs dans le voisinage du coude

Arthrose du coude ou l’irritation des nerfs dans le voisinage du coude  pourraient aussi être la cause de douleurs et d’inflammation. Même si ces lésions ne provoquent pas toutes les fois une inflammation des tendons, les tissus avoisinants peuvent s’enflammer et nuire à l’articulation du coude.

  • Par ailleurs le coude peut être aussi le siège des projections viscérales.

Ainsi des irritations ou démangeaisons en anneau du coude, des callosités sur la face interne du coude (épicondyle médial, olécrâne) peuvent révéler une symptomatologie hépatique.
Une douleur  une démangeaison en bracelet au niveau du coude, une épicondylite en relation avec une dysfonction du sphincter d’Oddi peuvent révéler une symptomatologie vésiculaire.
Le méridien du Gros intestin qui part de l’indexe,  court sur bord antérieur de la face externe du coude passe au niveau du coude (point GI 11)  continue son trajet au nez et à l’organe du gros intestin. Les symptômes pathologiques vont être  les douleurs abdominales, la diarrhée, la constipation.
En gymnastique holistique-méthode du Dr.Ehrenfried ®nous pouvons donc proposer plusieurs mouvements qui permettent de détendre les structures impliquées directement ou  de libérer à distance les tensions  à travers  le rachis cervical, les omoplates, les épaules, le bassin, les poignets, les viscères.
Dans un premier temps nous proposons

  • Les trois points de l’omoplate pour détendre les structures anatomiques en amont du coude.
  • Le corridor avec contraction du Périnée-Transverse avec les poignets fléchis pour travailler sur les muscles extenseurs (en excentrique) dans l’épicondylite
  • Le corridor avec contraction du Périnée-Transverse avec les poignets redressés pour les muscles fléchisseurs (en excentrique) dans épitrochléite.
  • Une grande balle mousse sous la tête en position décubitus latérale, faire des cercles sur la balle en provenance du bassin  pour travailler sur la partie viscérale
  • Massage du poignet avec balle de golfe

En conclusion :

Dans le travail corporel selon Ehrenfried nous apprenons à acquérir avec justesse et finesse l’autonomie pour pouvoir accomplir tous nos gestes quotidiens et sportifs de manière juste et équilibrée sans se  fatiguer.

Bibliographie
ATLAS D’ANATOMIE HUMAINE 1997,Frank H.Netter, M. D. Novartis.East Hannover, New Jersey .traduction en langue française : Pierre Kamina-Professeur d’Anatomie-Faculté de Médecine-Université de Poitiers .Maloine.525p ;ISBN 2-224-02593-9 
ACADEMIE DE MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE(PEKIN)  1977 . Précis  d’acuponcture chinoise .St Jean- de-Braye : Dangles « collection médicale et paramédicale » p 349 ; ISBN 2-7033-0183-9
CAPOROSSI, Roger, DO.MROF,1995 Le système neurovégétatif et ses troubles fonctionnels. Aix en Provence.Editions de Verlaque.237p. ISBN 2-87644-033-4
TEXTE à paraître dans le cahier n°16  de l’A .E.D.E  en septembre 2011

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