Une adepte de la « gym-douce »

Louise, une participante assidue à mes cours de Gymnastique Holistique, relate ici son vécu. Dans son  long parcours des pratiques corporelles elle a expérimenté différentes approches du corps, elle a pratiqué la méthode Mézières, l’anti-gymnastique et chemine depuis de longues années maintenant avec la Gymnastique Holistique- méthode Ehrenfried.

Une adepte de la « gym-douce »

Avez-vous remarqué le sourire sarcastique et l’œil condescendant de celui( ou celle) à qui vous dites : « Je fais de la gymnastique douce? » ; vous vous croyez alors obligé(e) de préciser : « cela n’est d’ailleurs pas si doux que ça…. ». Et on vous répond : «  C’est très bien. L’essentiel est de faire travailler son corps !!!!!…. » . Et la conscience du corps, qu’en fait-on ? Peut-être pourrait-on l’appeler « gymnastique réfléchie » ?

J’ai eu l’occasion de pratiquer plusieurs techniques, mais mon choix se faisait non en fonction d’une connaissance des caractéristiques de la technique, mais en fonction des opportunités (localisation, « bouche-à-oreilles », horaires des  séances).

La première technique que j’ai approchée (1963-32 ans) est la méthode Mézières. Je l’ai connue sur prescription médicale (médecin homéopathe), donc en séances individuelles. J’avais alors des problèmes de dos (lordose-cyphose), en particulier des brûlures même la nuit (je devais alors  dormir sur le ventre). Elles étaient déclenchées par le simple fait de porter un sac à main et confortées par des travaux dactylographiques sur Remington, peut-être aussi par le port de sac à dos pas du tout fonctionnels pour randonner. J’ai été alors soignée par Mme Dutilleul : elle m’a raconté  Mademoiselle Mézières – qui a créé sa méthode – alors qu’elle était dans un fauteuil roulant. Tous les mouvements se faisaient allongée sur le dos, elle remettait les membres en position telle que l’ensemble du corps retrouvait l’équilibre.

Ce qui m’a le plus étonnée, ce sont :

  • la douceur des gestes
  • le temps qu’on laissait au corps pour assimiler, absorber ces « postures »
  • ce temps qui permettait de couper avec le rythme accéléré de la journée.

 

Quelques mois plus tard, les brûlures du dos s’étaient atténuées, la silhouette était plus élancée, le corps moins crispé .J’ai toujours pensé que cette crispation s’était installée au cours de plusieurs années d’insécurité et que la détente ainsi provoquée avait amené, en réaction, une crise psychologique importante qui m’a obligée à  analyser les faits et méfaits de toutes ces années.

A noter, un travail de pieds remarquable, en position assise, pieds rapprochés, qui a redonné vie à mes voûtes plantaires.

J’ai également été soignée, un peu plus tard, par Madame Bertherat, toujours en séances individuelles. A l’époque elle appliquait  elle-même la méthode Mézières, à laquelle elle devait apporter les fruits de ses  propres recherches et expériences.

C’est en cours collectifs que j’ai  par la suite «  entretenu »  cet acquis : cours méthode Feldenkrais,  et cours méthode Ehrenfried. J’ai été étonnée lors d’une des premières séances – en réponse à ma surprise de faire des exercices débout- de m’entendre répondre par l’animatrice qu’elle n’avait que faire d’une méthode qui n’agissait que sur la position allongée, l’être humain étant appelé à vivre débout. C’est exact, bien sûr !

Je suis incapable de dire mes préférences pour l’une ou l’autre méthode, ni d’en analyser les apports respectifs. Mon plaisir et l’efficacité que j’y trouvais dépendaient essentiellement de la personnalité de l’animatrice.

  • Madame Dutilleul, devant mon enthousiasme pour sa technique, m’a proposé de faire mes études de kiné, s’engageant à m’embaucher comme stagiaire dès la 2ème année ; cette main tendue pour m’aider à m’orienter vers un domaine qui m’attirait plus que celui que j’avais choisi par commodité(le droit) et rentabilité rapide, même si les conditions matérielles de l’époque ne m’ont pas permis d’y donner suite, m’a touchée  plus que je ne saurais le dire.
  • Christiane BL offrait gratuitement à chaque participant au cours collectif une séance de soin individuelle pour examiner ses problèmes ; elle a rééduqué aussi généreusement mon pouce cassé( ce qu’aucun kiné n’acceptait de faire) tout en écoutant les problèmes que chaque élève venait lui conter en fin de cours….

La bonne humeur qui colore un cours en renforce  l’attrait et l’efficacité : on en ressort non seulement moins « douloureux (se) », mais le sourire aux lèvres et l’envie d’échanger. Ces facteurs personnels ont été pour moi très importants ; les aspects techniques me paraissaient, je dois l’avouer, très proches les uns et des autres, le but recherché – à savoir l’équilibre de l’ensemble de la personne-étant commun.

Je pratique donc ces techniques depuis plusieurs années:c’est en grande partie grâce à elles, je pense, que je m’entends dire par le corps médical : « Vous êtes très bien pour votre âge, par rapport aux autres !», ce à quoi je réponds que la comparaison est certainement valable, mais que j’ai à faire face à la vie actuelle et que je cherche l’énergie et une autonomie suffisantes pour ce faire.

Par  contre, là où je me pose des questions (et où j’ai quelque honte), c’est que je reste incapable d’apaiser, seule, mes difficultés physiologiques. J’ai encore récemment  retrouvé des notes des années 80 – 90 décrivant des mouvements, j’entends souvent la voix de Christiane recommandant certains gestes…. Mais quelle paresse pour « travailler » seule et régulièrement. N’y-a-t ’il pas une méthode douce, holistique pour pallier cette infirmité ?

Texte rédigé par Louise K . publié avec son aimable autorisation.
Mai 2012